Pourquoi j’ai aimé « Joker »…

Mea culpa, j’aurais dû/pu te parler de ce film dès sa sortie début octobre mais vu qu’il fait toujours salles combles à l’heure où je poste cet article, je me dis que ça vaut quand même la peine que je t’en touche un mot et si, par hasard, tu fais partie de ceux qui ne l’ont pas encore vu, hé bien sache qu’il n’est pas trop tard pour le faire !

Joker, c’est un monument en soi, magistral, tout simplement.  Oui mais pourquoi est-ce THE film du moment, me diras-tu? Perso, je m’en fous un peu de toute la polémique autour de l’incitation à la violence qu’il suscite, je déteste jouer les psys de bas étage quand je parle films, donc je dirais plutôt qu’avant tout, c’est THE film pour l’époustouflante performance de Joaquin Phoenix dont les propres blessures de vie rendent le jeu unique et tellement crédible.

Les êtres tourmentés, il n’y a rien de mieux pour donner vie à des mythes à l’écran, tels Jack Nicholson dans « Vol au-dessus d’un nid de coucou » ou « Shining », Marlon Brando dans « Apocalypse Now » ou, plus récemment, l’excellentissime mais so suicidal Heath Ledger, endossant lui aussi le rôle du Joker qui lui a valu entre autres un Oscar, malheureusement de manière posthume. Ces acteurs sont tous un peu on the edge et fascinent le public par cette douce folie qui les habite, les hante, les envoûte. On a l’impression qu’ils ne doivent même pas fournir le moindre minuscule effort pour rentrer dans la peau des personnages dérangés et dérangeants qu’ils campent avec tant d’aisance.

Donc, pour en revenir à celui qui nous intéresse, sa présence crève littéralement l’écran, il est à la fois malsain et pitoyable et on voudrait le secouer, lui faire comprendre que, non, le monde n’est pas si pourri que ça et que la vengeance et le ressentiment ne résolvent rien et ne font que l’enfoncer un peu + dans sa solitude de marginal. Mais d’un autre côté, on sait dès le début que c’est trop tard et que sa marche vers le non-retour a démarré !

On découvre donc l’ascension vers le déferlement de fureur d’un personnage on ne peut plus ordinaire mais déjà dans la déchéance et qui, à force de brimades répétées, va finir par littéralement péter les plombs.  Le pire étant que, sans cautionner ses actes, on en aurait presque pitié et on se rend compte que la société devrait être un soutien pour ces personnes aux maladies mentales incontrôlées plutôt que de les abandonner, faute de moyens, de temps, d’envie.

Je ne vais pas te résumer le film car j’avoue ne pas savoir par où commencer, non que l’histoire soit compliquée mais sincèrement le mieux est de le découvrir par toi-même.  Disons qu’on y suit le parcours chaotique d’Arthur Fleck, alias le Joker, clown au rabais en passe de devenir chômeur, atteint d’incontrôlables fous-rires nerveux qui le handicapent terriblement dans un Gotham City déjà en proie aux débordements, quand Batman n’est encore que l’enfant du candidat-maire Thomas Wayne, ce dernier étant lié malgré lui au futur ennemi juré de son fils.

Mention spéciale aux images esthétiquement parfaites qui en font une bande dessinée furieusement noire absolument magnifiée sur grand écran.

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